Bon voilà ma dernière nouvelle, écrite en Avignon, tous les matins parceque j'étais le seul à me lever à 10h, et qu'il fallait attendre au moins 2h30 pour que quelqu'un me prouvât qu'il vivait encore. Comme elle est assez longue (7 chapitres) je vous la livre en petis bouts. La première session sera le premier chapitre (le plus long), les autres viendront deux par deux. Enjoy.
L’écran blanc luisait magistralement, éclairant faiblement la pièce.
Jeanne le regardait, elle, avec intensité. Ses doigts étaient en suspension au dessus du clavier, comme si les mots allaient surgir d’un instant à l’autre. Comme s’ils étaient là, quelque part dans son cerveau, et qu’il ne leur suffisait que d’emprunter la bonne terminologie nerveuse pour venir agiter ses doigts. Mais en vérité, ces mots n’y étaient pas. Ni dans son cerveau, ni ailleurs. Et l’écran blanc continuait imperturbablement de dominer la scène. Jeanne le fixait si intensément que ça en devenait hypnotique. Si elle posait ses yeux ailleurs, elle revoyait la lueur fantomatique de son écran. C’était presque si elle distinguait le curseur clignotant en haut à gauche.
Pour la sixième fois, elle décida de faire une pause. Elle ouvrit en grand les stores, ce qui baigna la pièce d’une lumière matinale. La lueur blafarde du Macintosh faisait à présent pâle figure. C’était une petite vengeance pour Jeanne. Petite car elle ne savait que trop bien qu’elle serait de courte durée. Elle ouvrit la fenêtre et alluma une cigarette. Elle entendit Toby aboyer. Enfin, hier c’était Toby, allez savoir son nom aujourd’hui…
Elle attrapa distraitement une pile de pages dactylographiées à côté d’elle. Elles étaient striées de rouge à la faveur des ratures et autres rajouts. Elle relut la fin de son dernier paragraphe.
Sylvio s’approcha nonchalamment de Victoria.
Elle était face à la véranda et regardait le paysage côtier, rêveuse. Le sentant arriver derrière elle, elle lui coupa la parole avant même qu’il n’ai pu finir son premier mot :
« J’ai fait une terrible erreur, Sylvio.
- Ne regrettez rien, Victoria. Votre mari est mort, de la main même du tueur qu’il avait envoyé vous exécuter, vous. Mais jamais je n’aurai pu, nous…
- Sylvio, nous n’aurions jamais du…. Je ne vous ai pas tout dit. »
Le visage de l’homme se figea. Il s’assit sur le lit comme au ralenti et tenta de rester impassible en écoutant les aveux de Victoria.
C’était mauvais et elle le savait. Mais ça se vendait. Très bien même. Ce n’était ni plus ni moins que des histoires à l’eau de rose, avec une dose d’intrigues vaguement alambiquées qui, globalement, restaient les mêmes un roman sur l’autre. Seul le contexte variait.
Mais la médiocrité était semble-t-il populaire. Chacun de ses romans explosait littéralement les ventes, surtout l’été. Elle ne serait jamais invitée sur un plateau de télévision pour en parler, et cela lui convenait.
Mais voilà, au bout d’une soixantaine de ses récits, l’inspiration, bien que se limitant au choix du nom et de la profession des protagonistes, commençait à manquer. Et puis il y avait l’autre projet. Celui qu’elle avait négocié avec son éditeur. Elle voulait écrire autre chose, avant tout pour se prouver à elle-même qu’elle en était capable. On lui avait promis de l’éditer si elle rendait en même temps un autre de ses écrits mielleux.
Alors elle avait déménagé. Ici, à Port-Mauguère, près de Plouha, en Bretagne. Tout d’abord pour fuir Paris, puis car elle se figurait qu’une telle région ne pouvait que l’inspirer.
Or voilà, rien ne venait. Et comble de tout, non seulement son projet si ambitieux n’avait guère dépassé le stade de « germe d’idée », mais maintenant c’était son Passion Trouble qui refusait de s’écrire.
Elle tira à nouveau sur sa cigarette et chercha Romain des yeux dans le jardin. Elle ne le voyait pas mais l’entendait. Il devait être encore au fond, derrière les haies. Ça commençait à l’agacer un peu.
C’était pour lui qu’elle avait acheté une si grande maison. Elle voulait qu’il puisse jouer dans un grand jardin, au plein air. Qu’il profite de ses vacances d’été. De plus, ils étaient à deux pas de la mer. Elle n’avait pas encore pu y emmener Romain depuis qu’ils étaient arrivés, il y a un mois de ça, et elle le regrettait un peu au vu de l’impatience de l’enfant. Mais le livre passait avant tout.
Pensant qu’il se sentirait très seul, vu qu’il laissait tous ses amis à Paris et que la rentrée des classes n’arriverait que dans plus d’un mois, elle lui avait acheté un chien. Elle se disait que c’était là un compagnon idéal pour un garçon de onze ans.
Elle avait pris un labrador à l’animalerie, le vendeur lui ayant assuré que celui-ci était très joueur. Pour ça, joueur, il l’était. Mais malgré tous les encouragements, sifflets, claquement de mains et époumonements de Romain, l’animal préférait jouer seul. Il aboyait en sautant partout, courait d’un bout à l’autre du jardin, essayait de se mordre la queue en tournant sur lui-même à toute vitesse, mais ne faisait que très peu cas de son jeune maître. Romain tentait de l’appeler pour qu’il vienne à lui, et cherchait les noms auxquels le chien réagissait le mieux. Avant-hier c’était Fluke, hier c’était Toby.
Jeanne écrasa son mégot dans le cendrier et retourna devant son écran immaculé. Habituellement, elle aimait à se plonger dans le noir pour écrire, mais ne se donna pas la peine de fermer les stores, imaginant avec justesse que cela ne changerait pas grand-chose.
Une demi-heure et trois débuts de phrase éffacés plus tard, Romain fit irruption dans la pièce.
« Maman, j’ai soif.
- Va te servir ce que tu veux dans le frigo ».
Elle entendit les pas précipités de son fils vers la cuisine.
« Qu’est-ce que tu fais dehors, demanda-t-elle en haussant la voix.
- Mmmh, répondit Romain, indiquant qu’il réservait sa réponse une fois qu’il aurait fini de boire. Je joue avec les fées ».
Jeanne leva les yeux au ciel. C’est vrai. Les fées…
Au bout d’une semaine ici, Romain et sa mère firent une découverte. Au fond du jardin se trouvait une petite forêt, derrière les haies délimitant sa propriété. Par forêt, il fallait entendre un regroupement d’une dizaine d’arbres et de quelques buissons. Mais ils étaient suffisants pour cacher la fontaine.
En effet, là, derrière chez elle, juste à l’orée de ce petit bois se dressait une fontaine druidique. Jeanne avait lu que les mages de l’antiquité s’en servaient à des fins curatives. Il s’agissait d’un petit bout de mur en pierre sur lequel était fixé ce que Romain avait qualifié de « sorte d’évier en cailloux ». Les druides le remplissaient de l’eau d’un ruisseau qui devait alors passer dans les environs, et après prières, incantations et ajouts de divers ingrédients mystérieux, en tiraient une eau miraculeuse qui pouvait guérir ou donner des visions prophétiques.
La fontaine en question ne contenait bien évidemment plus une goutte d’eau. Même quand il pleuvait (ce qui arrivait assez souvent par ici) les branches des arbres empêchaient l’ondée de remplir le vasque. Contrairement à ce que Jeanne aurait pu s’imaginer, il n’y avait aucun motif celtique ou mystique. Mais c’était justement dans sa simplicité que la fontaine se trouvait être étonnamment belle.
La jeune romancière aurait du signaler ce petit monument oublié à la mairie, mais, manifestement comme le précédent propriétaire l’avait fait, elle préféra taire son existence. Elle ne voulait pas vraiment rajouter son jardin au circuit touristique de la région et voir débarquer des dizaines de badauds chez elle.
Romain se révélait donc être le seul visiteur régulier de l’étrange édifice. Et voilà que l’enfant se figurait qu’il y avait là-bas de petites fées avec lesquelles il pouvait converser et jouer.
Ça ne dérangeait pas tellement Jeanne en vérité; son enfant développait son imaginaire et c’était certainement une bonne chose. Elle aurait simplement préféré qu’il s’amusât avec des soldats ou des super-héros…
« Tu as ramené l’assiette, demanda Jeanne.
- O-oui, répondit-il avec le ton de celui qui vient de se souvenir d’un détail, et qui va l’exécuter dans la seconde ».
L’enfant quitta la maison en courant, et revint avec de la vaisselle. Jeanne soupira. La nouvelle fantaisie de Romain était d’emmener à la fontaine tous les soirs un plat contenant un biscuit au beurre et un petit bol de jus d’orange. Le lendemain, il allait le chercher (elle y allait parfois quand il oubliait) et jetait les aliments, bien entendu intacts. Quand elle le faisait remarquer, il lui répondait « qu’on ne savait jamais ». Comme ce n’était pas bien méchant, et qu’elle s’en voulait de l’avoir ainsi arraché à son ancienne vie, elle ne lui disait rien.
Romain sortit à nouveau dans le jardin et entreprit de jouer avec le labrador, qui à sa vue partit un peu plus loin et l’ignora.
Jeanne, elle, retourna à son clavier et soupira.
Que pouvait bien avouer Victoria ?...
mercredi, juillet 20, 2005
vendredi, juillet 08, 2005
Le blog qui t'offre des wallpapers !
Allez, un dernier ptit article sur les annales du Disque-Monde puis j’arrête…
Ce qu’on remarque assez rapidement, c’est que Pratchett fait ce qu’il veut de son univers. Ce monde étant en gros une parodie du nôtre, il y glisse les références et les ambiances qu’il aime. Donc chaque roman, qui peut se lire totalement indépendamment des autres (rare dans les sagas de Fantasy), aura un genre particulier. On passe du plus pur Héroïc Fantasy, au polar, conte horrifique, opéra, Blockbuster américain… Et qui se moque gentiment des modes du moment (d'ailleurs quand on sait qu'il y a un inventeur de génie appelé Léonard Da Quirm dans le disqueMonde, je me dis que le Da Quirm Code ne devrait tarder...).
La seule constante est l’humour… Celui qui vous fait prendre la honte quand vous lisez dans le bus ou le métro. Les romans sont truffés aussi de notes de bas de page (vraiment) marrantes, qui approfondissent certains petits détails du roman. Par exemple, si le récit évoque la faune environnante, une note en bas de la page vous expliquera (par exemple) que l’animal le plus rapide du disque-monde est le puzuma. Mais comme il va trop vite pour être vu à l’œil nu, le seul moyen que les scientifiques ont eu de l’étudier est quand il s’est cogné à une paroi. Ce qui fait que pour eux, la forme naturelle du puzuma est petite, plate et morte (ou on vous parlera encore de cousins proches du lemmings, qui ont du la suvie de leur espèce à la découverte de descente de falaises en rappel).
Bon, pour finir quelques titres incontournables :

LE HUITIEME SORTILEGE et LA HUITIEME COULEUR
Les deux premiers romans qui vous présenteront la calamité qu'on appelle Rincevent...

Voilà un des romans que la plupart (dont moi) considère comme le meilleur.
En bon idiot du village, Mortimer n'est pris comme apprenti par aucun corps de métier. Arrive alors La Mort, qui aimerait de faire remplacer de temps en temps pour prendre du bon temps. Or, Mortimer commence à accumuler les gaffes, comme prendre pitié du jeune femme qu'il aurait du emmener dans l'autre monde, et crée ainsi une rupture dans le continuum espace-temps (ou quelquechose d'approchant..)

TROIS SOEURCIERES
Le vrai début des romans sur les sorcières (Mémé Ciredutemps apparait auparavant, mais l'ambiance n'était pas la même).
Une histoire d'héritiers de la couronne inversés, de théâtre, de bouffons...

AU GUET
La première histoire du Guet des Orfèvres, la police de nuit commandé par le commissaire Vimaire.
Un dragon attaque la grande cité d'Anhk-Morpork. Le seul souci ? Les dragons n'existent pas...

ERIC
Le vrai titres est Faust (rayé), puis Eric.
Eric est un ado qui veut invoquer un démon pour qu'il satisfasse tous ses désirs. Or, au centre de son pentagramme apparait... Rincevent ? Et c'est parti pour un grand voyage qui les emmènera voir Elenor de Troie (réputé être la plus belle femme de tous les temps... du moins avant que la ville soit assiégée), le créateur du monde et l'enfer...

LE FAUCHEUR
La Mort a disparu... encore...
Plus personne donc ne meurt, et c'est la panique partout. Les zombies se multiplient et la nature se réorganise pour créer des prédateurs à chaque espèce... Oui, même pour l'homme.
Et puis qui est ce mystérieux homme squelettique, qui par un manque d'inspiration se fait appeler Pierre Porte, qui AVEC SA GROSSE VOIX, demande a être embauché dans une petite ferme de campagne ?

LES PETITS DIEUX
Que se passe-t'il quand l'attardé du coin se révèle etre le seul à croire assez en un ancien dieu pour pouvoir parler à celui-ci, enfermé dans le corps d'une ridicule petite tortue, qui ne rève que de retrouver sa forme divine pour se venger de tous les mortels qui l'ont oublié ? Tout le monde s'est un jour posé cette question, et bien voilà la réponse...

LE PERE PORCHER
Le père Porcher, c'est cette légende bien connu de tous les enfants, qui, un jour par an, vient leur distribuer des cadeaux : saucissons, tripes, boudins... Sauf qu'il existe bel et bien. Mais sa tête est mise à prix, et il préfère se faire discret. Ne voulant pas laisser les enfants privés de leur nuit du Porcher, La Mort délaisse son travail (ça en devient lassant) et s'improvise Père Porcher.
Le rôle de La Mort revient donc à Suzanne, sa petite fille. Seul problème : tout le monde la prend pour la Fée des Dents...

LE DERNIER HEROS
Le plus BlockBuster des tomes. Cohen le barbare et des copains centenaires se sont mis en tête de voler le feu sacré sur la montagne des dieux. Une grande expédition composé de Rincevent, du capitaine du Guet Carotte (un grand gars bien barraqué qui se prend pour un nain) et de l'inventeur Leonard Da Quirm vont tenter de l'intercepter. Quitte à se rendre sur la lune pour ça...
Un très bel album rempli d'illustrations grandioses...
Bon ce n'est qu'un survol de quelques romans que j'ai particulièrement aimé... Sachant qu'il n'y en a aucun que j'ai détesté. Faites-vous votre avis, les histoires de Rincevant et de la Mort sont mes préférées, mais il en reste encore beaucoup...
Ce qu’on remarque assez rapidement, c’est que Pratchett fait ce qu’il veut de son univers. Ce monde étant en gros une parodie du nôtre, il y glisse les références et les ambiances qu’il aime. Donc chaque roman, qui peut se lire totalement indépendamment des autres (rare dans les sagas de Fantasy), aura un genre particulier. On passe du plus pur Héroïc Fantasy, au polar, conte horrifique, opéra, Blockbuster américain… Et qui se moque gentiment des modes du moment (d'ailleurs quand on sait qu'il y a un inventeur de génie appelé Léonard Da Quirm dans le disqueMonde, je me dis que le Da Quirm Code ne devrait tarder...).
La seule constante est l’humour… Celui qui vous fait prendre la honte quand vous lisez dans le bus ou le métro. Les romans sont truffés aussi de notes de bas de page (vraiment) marrantes, qui approfondissent certains petits détails du roman. Par exemple, si le récit évoque la faune environnante, une note en bas de la page vous expliquera (par exemple) que l’animal le plus rapide du disque-monde est le puzuma. Mais comme il va trop vite pour être vu à l’œil nu, le seul moyen que les scientifiques ont eu de l’étudier est quand il s’est cogné à une paroi. Ce qui fait que pour eux, la forme naturelle du puzuma est petite, plate et morte (ou on vous parlera encore de cousins proches du lemmings, qui ont du la suvie de leur espèce à la découverte de descente de falaises en rappel).
Bon, pour finir quelques titres incontournables :
LE HUITIEME SORTILEGE et LA HUITIEME COULEUR
Les deux premiers romans qui vous présenteront la calamité qu'on appelle Rincevent...
Voilà un des romans que la plupart (dont moi) considère comme le meilleur.
En bon idiot du village, Mortimer n'est pris comme apprenti par aucun corps de métier. Arrive alors La Mort, qui aimerait de faire remplacer de temps en temps pour prendre du bon temps. Or, Mortimer commence à accumuler les gaffes, comme prendre pitié du jeune femme qu'il aurait du emmener dans l'autre monde, et crée ainsi une rupture dans le continuum espace-temps (ou quelquechose d'approchant..)
TROIS SOEURCIERES
Le vrai début des romans sur les sorcières (Mémé Ciredutemps apparait auparavant, mais l'ambiance n'était pas la même).
Une histoire d'héritiers de la couronne inversés, de théâtre, de bouffons...
AU GUET
La première histoire du Guet des Orfèvres, la police de nuit commandé par le commissaire Vimaire.
Un dragon attaque la grande cité d'Anhk-Morpork. Le seul souci ? Les dragons n'existent pas...
ERIC
Le vrai titres est Faust (rayé), puis Eric.
Eric est un ado qui veut invoquer un démon pour qu'il satisfasse tous ses désirs. Or, au centre de son pentagramme apparait... Rincevent ? Et c'est parti pour un grand voyage qui les emmènera voir Elenor de Troie (réputé être la plus belle femme de tous les temps... du moins avant que la ville soit assiégée), le créateur du monde et l'enfer...
LE FAUCHEUR
La Mort a disparu... encore...
Plus personne donc ne meurt, et c'est la panique partout. Les zombies se multiplient et la nature se réorganise pour créer des prédateurs à chaque espèce... Oui, même pour l'homme.
Et puis qui est ce mystérieux homme squelettique, qui par un manque d'inspiration se fait appeler Pierre Porte, qui AVEC SA GROSSE VOIX, demande a être embauché dans une petite ferme de campagne ?
LES PETITS DIEUX
Que se passe-t'il quand l'attardé du coin se révèle etre le seul à croire assez en un ancien dieu pour pouvoir parler à celui-ci, enfermé dans le corps d'une ridicule petite tortue, qui ne rève que de retrouver sa forme divine pour se venger de tous les mortels qui l'ont oublié ? Tout le monde s'est un jour posé cette question, et bien voilà la réponse...
LE PERE PORCHER
Le père Porcher, c'est cette légende bien connu de tous les enfants, qui, un jour par an, vient leur distribuer des cadeaux : saucissons, tripes, boudins... Sauf qu'il existe bel et bien. Mais sa tête est mise à prix, et il préfère se faire discret. Ne voulant pas laisser les enfants privés de leur nuit du Porcher, La Mort délaisse son travail (ça en devient lassant) et s'improvise Père Porcher.
Le rôle de La Mort revient donc à Suzanne, sa petite fille. Seul problème : tout le monde la prend pour la Fée des Dents...
LE DERNIER HEROS
Le plus BlockBuster des tomes. Cohen le barbare et des copains centenaires se sont mis en tête de voler le feu sacré sur la montagne des dieux. Une grande expédition composé de Rincevent, du capitaine du Guet Carotte (un grand gars bien barraqué qui se prend pour un nain) et de l'inventeur Leonard Da Quirm vont tenter de l'intercepter. Quitte à se rendre sur la lune pour ça...
Un très bel album rempli d'illustrations grandioses...
Bon ce n'est qu'un survol de quelques romans que j'ai particulièrement aimé... Sachant qu'il n'y en a aucun que j'ai détesté. Faites-vous votre avis, les histoires de Rincevant et de la Mort sont mes préférées, mais il en reste encore beaucoup...
jeudi, juillet 07, 2005
OOOK
Allez, c’est parti pour un petit aperçu des personnages.
Une chose à savoir avant tout, c’est que le disque-monde ne tient que par la magie. La magie brute, celle que les mages tentent de contrôler mais qui n’en fait un peu qu’à sa tête. Mais si un jour la magie disparaissait, le monde entier aussi (vu qu’il n’y a que la magie qui peut faire tenir un univers aussi ridicule…).
Et en avant, essayez de repérer de qui je cause sur mon dessin. Si vous trouvez pas, je me vexe…

Rincevent : Le héros des premiers romans, qui est revenu plusieurs fois par la suite. Enfin, plutôt l’anti-héros. C’est un mage. Un mage calamiteux, mais il a tout de même été formé à l’Université de l’Invisible. C’est lui qui s’est soigneusement brodé le mot « MAJE » sur son chapeau (pour vous montrer le niveau). Il s’y connaît tellement peu en magie qu’on dit que le jour de sa mort, le niveau de magie du disque tout entier montera d’un cran. Or voilà, le destin de Rincevent est pour le moins étrange et il est le seul a avoir échappé à la Mort (et plusieurs fois). Il est accompagné partout du Bagage, une malle vivante faite en poirier savant, qui protège son maître de façon assez redoutable. Plusieurs espèces doivent leur extinction à ce seul accessoire de voyage…
Deuxfleurs : C’est le représentant d’une des pires espèces du disque : Un Touriste ! Venu du mystérieux continent Contre-poids, c’est lui qui a donné le bagage à Rincevent.
Le Bibliothécaire : C’est le singe, là au milieu (mais il préfère qu’on dise l’anthropoïde). C’était un mage qui a été accidentellement changé en orang-outan. On pourrait lui rendre sa forme normale à tout moment, mais il a l’air de préférer vivre comme ça. Il ne s’exprime qu’à base de « Ook » et éventuellement de « Eek » (et tout le monde le comprend…). Comme les mages ne savaient pas trop quoi en faire, ils l’ont mis à la bibliothèque.
La Mort : En voilà un personnage intéressant ! Le seul à figurer dans TOUS les romans. C’est une entité anthropomorphique. C’est-à-dire que quand tout le monde croit inconsciemment à quelque chose, la magie environnante le fait exister. La mort n’est pas méchant (oui, La Mort est de sexe masculin), il fait juste son boulot. Il parle tout le temps COMME ÇA, EN MAJUSCULE, et il a l’air profondément amoureux de la nature humaine. Quand il ne travaille pas, c’est Suzanne, sa petite-fille adoptive, qui reprend malgré elle le flambeau. Il est souvent accompagné de La Mort Aux Rats, petit squelette de souris encapuchonné, qui s’occupe des rongeurs.
Cohen le Barbare : C’est le barbare le plus vieux de tout le disque. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à piller, voler, courir les filles et jouer les héros avec sa bande de barbare centenaires…
Mémé Ciredutemps : Une sorcière dans la plus grande tradition. Avec balai et tout… Mais elle préfère souvent mettre ses pouvoirs de côté et utiliser la tétôlogie. Les sorcières et les mages ne s’apprécient pas trop…
Voilà, il reste encore un ou deux persos sur mon dessin, et des milliers dans les romans… JE vous laisse les découvrir. Un dernier post pour vous donner quelques titres de romans et j’arrête de vous embêter avec Terry Pratchett…
PS : en hidden link, la version "wallpaper" de mon dessin ^^
Une chose à savoir avant tout, c’est que le disque-monde ne tient que par la magie. La magie brute, celle que les mages tentent de contrôler mais qui n’en fait un peu qu’à sa tête. Mais si un jour la magie disparaissait, le monde entier aussi (vu qu’il n’y a que la magie qui peut faire tenir un univers aussi ridicule…).
Et en avant, essayez de repérer de qui je cause sur mon dessin. Si vous trouvez pas, je me vexe…
Rincevent : Le héros des premiers romans, qui est revenu plusieurs fois par la suite. Enfin, plutôt l’anti-héros. C’est un mage. Un mage calamiteux, mais il a tout de même été formé à l’Université de l’Invisible. C’est lui qui s’est soigneusement brodé le mot « MAJE » sur son chapeau (pour vous montrer le niveau). Il s’y connaît tellement peu en magie qu’on dit que le jour de sa mort, le niveau de magie du disque tout entier montera d’un cran. Or voilà, le destin de Rincevent est pour le moins étrange et il est le seul a avoir échappé à la Mort (et plusieurs fois). Il est accompagné partout du Bagage, une malle vivante faite en poirier savant, qui protège son maître de façon assez redoutable. Plusieurs espèces doivent leur extinction à ce seul accessoire de voyage…
Deuxfleurs : C’est le représentant d’une des pires espèces du disque : Un Touriste ! Venu du mystérieux continent Contre-poids, c’est lui qui a donné le bagage à Rincevent.
Le Bibliothécaire : C’est le singe, là au milieu (mais il préfère qu’on dise l’anthropoïde). C’était un mage qui a été accidentellement changé en orang-outan. On pourrait lui rendre sa forme normale à tout moment, mais il a l’air de préférer vivre comme ça. Il ne s’exprime qu’à base de « Ook » et éventuellement de « Eek » (et tout le monde le comprend…). Comme les mages ne savaient pas trop quoi en faire, ils l’ont mis à la bibliothèque.
La Mort : En voilà un personnage intéressant ! Le seul à figurer dans TOUS les romans. C’est une entité anthropomorphique. C’est-à-dire que quand tout le monde croit inconsciemment à quelque chose, la magie environnante le fait exister. La mort n’est pas méchant (oui, La Mort est de sexe masculin), il fait juste son boulot. Il parle tout le temps COMME ÇA, EN MAJUSCULE, et il a l’air profondément amoureux de la nature humaine. Quand il ne travaille pas, c’est Suzanne, sa petite-fille adoptive, qui reprend malgré elle le flambeau. Il est souvent accompagné de La Mort Aux Rats, petit squelette de souris encapuchonné, qui s’occupe des rongeurs.
Cohen le Barbare : C’est le barbare le plus vieux de tout le disque. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à piller, voler, courir les filles et jouer les héros avec sa bande de barbare centenaires…
Mémé Ciredutemps : Une sorcière dans la plus grande tradition. Avec balai et tout… Mais elle préfère souvent mettre ses pouvoirs de côté et utiliser la tétôlogie. Les sorcières et les mages ne s’apprécient pas trop…
Voilà, il reste encore un ou deux persos sur mon dessin, et des milliers dans les romans… JE vous laisse les découvrir. Un dernier post pour vous donner quelques titres de romans et j’arrête de vous embêter avec Terry Pratchett…
PS : en hidden link, la version "wallpaper" de mon dessin ^^
mercredi, juillet 06, 2005
Une chose qui a une probabilité de 1 chance sur un million d'arriver...
... arrive généralement neuf fois sur dix.
Je fais très rarement de la pub pour quelques produits que ce soient sur ce blog (à part involontairement pour des services coûteux que vous commencez à bien connaître maintenant), mais parfois c’est plus fort que moi.
On aime tellement quelque chose qu’on ne peut s’empêcher d’en parler, et moi je parlerai d’un univers tout entier.
Attention toutefois, entrer dans cet univers a quelques effets secondaires :
- Vous régresserez de quelques années mentalement (cela peut aller jusqu’à dix ou douze ans de maturité dans le néant –attention donc aux plus jeunes – je pense nottamement à Aymeric, qui se retrouverait avec 2 semaines d’âge mental)
- Entrer dans cet univers signifie (du moins les premiers mois), en abuser. Vous n’accepterez aucune autre forme de divertissement, plus de cinéma, jeux vidéos, et inutile de vous dire que les pratiques sexuelles ne seront que de vagues notions abstraites pour vous (si c’est déjà le cas, je voulais en fait dire que cette fois-ci ce serait volontaire).
- Vous risquez de perdre votre entourage direct assez rapidement, que ce soit parce que vous chercherez toutes les occasions de vous isoler pour entrer dans cet univers (l’éternel « je vais aux toilettes » pour revenir une heure plus tard) ou bien parce que vos vannes (qui ne valaient déjà pas grand choses) deviendront de plus en plus affligeantes…
Cet univers c’est le…


(ou DiscWorld) de Terry Pratchett.
Il s’agit (pour ceux qui ne connaissent pas) d’une série de livres (26 ou 27 à ce jour, vu qu’il en écrit environ 2 par an), racontant des histoires farfelues dans un monde non moins farfelu appelé donc le Disque-Monde.
Il est nommé ainsi puisque cette planète ressemble à un disque, posée sur le dos de quatre colossaux éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace d’une gigantesque tortue cosmique. Autour de ce monde gravitent une petite lune et un soleil (ce qui oblige les éléphants à lever une patte quand un des deux astres se pointent). La tortue « nage » dans l’espace, sans que personne ne sache où elle peut bien se rendre.
Ce monde est composé d’une flopée de pays, villes et personnages. Chaque roman se centre sur un personnage ou un groupe bien particulier. Vous les énumérer tous serait bien trop long, mais le prochain post vous en présentera quelques uns parmi les plus intéressants (pis un dessin à moi, aussi)…
Je fais très rarement de la pub pour quelques produits que ce soient sur ce blog (à part involontairement pour des services coûteux que vous commencez à bien connaître maintenant), mais parfois c’est plus fort que moi.
On aime tellement quelque chose qu’on ne peut s’empêcher d’en parler, et moi je parlerai d’un univers tout entier.
Attention toutefois, entrer dans cet univers a quelques effets secondaires :
- Vous régresserez de quelques années mentalement (cela peut aller jusqu’à dix ou douze ans de maturité dans le néant –attention donc aux plus jeunes – je pense nottamement à Aymeric, qui se retrouverait avec 2 semaines d’âge mental)
- Entrer dans cet univers signifie (du moins les premiers mois), en abuser. Vous n’accepterez aucune autre forme de divertissement, plus de cinéma, jeux vidéos, et inutile de vous dire que les pratiques sexuelles ne seront que de vagues notions abstraites pour vous (si c’est déjà le cas, je voulais en fait dire que cette fois-ci ce serait volontaire).
- Vous risquez de perdre votre entourage direct assez rapidement, que ce soit parce que vous chercherez toutes les occasions de vous isoler pour entrer dans cet univers (l’éternel « je vais aux toilettes » pour revenir une heure plus tard) ou bien parce que vos vannes (qui ne valaient déjà pas grand choses) deviendront de plus en plus affligeantes…
Cet univers c’est le…
(ou DiscWorld) de Terry Pratchett.
Il s’agit (pour ceux qui ne connaissent pas) d’une série de livres (26 ou 27 à ce jour, vu qu’il en écrit environ 2 par an), racontant des histoires farfelues dans un monde non moins farfelu appelé donc le Disque-Monde.
Il est nommé ainsi puisque cette planète ressemble à un disque, posée sur le dos de quatre colossaux éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace d’une gigantesque tortue cosmique. Autour de ce monde gravitent une petite lune et un soleil (ce qui oblige les éléphants à lever une patte quand un des deux astres se pointent). La tortue « nage » dans l’espace, sans que personne ne sache où elle peut bien se rendre.
Ce monde est composé d’une flopée de pays, villes et personnages. Chaque roman se centre sur un personnage ou un groupe bien particulier. Vous les énumérer tous serait bien trop long, mais le prochain post vous en présentera quelques uns parmi les plus intéressants (pis un dessin à moi, aussi)…
vendredi, juillet 01, 2005
Fan-art
Hop ici je glisse les ptits dessins que les gens ont fait pour moi.
Et bin ça fait rudement plaisir ^^
Et en cliquant dessus vous verrez les blogs des artistes :)
Vos dessins sont bien sûr les bienvenus !

No Pasaran


Théo &Léo

Li

re-Théo &Léo

Yves

Ashem

Molassar, qui a repris un de mes dessins pour rétablir la vérité sur le combat Thor/Loki

Arsene Lupin (je vous conseille de lire de droit à gauche)

Sansanx

Raphaël

Un petit montage de Yome

Dylan

Virgule et Axlreznor

Sebastien

Titoun

Doo

Doo

Claire

emozhimo

Loutre

Rush

Un montage de Bulduk

Mon meilleur pote Pol ^^

Jibé

Elixir

Lucas
Et bin ça fait rudement plaisir ^^
Et en cliquant dessus vous verrez les blogs des artistes :)
Vos dessins sont bien sûr les bienvenus !

No Pasaran


Théo &Léo
Li
re-Théo &Léo
Yves
Ashem
Molassar, qui a repris un de mes dessins pour rétablir la vérité sur le combat Thor/Loki
Arsene Lupin (je vous conseille de lire de droit à gauche)
Sansanx
Raphaël
Un petit montage de Yome
Dylan
Virgule et Axlreznor
Sebastien
Titoun
Doo
Doo
Claire
emozhimo
Loutre
Rush
Un montage de Bulduk
Mon meilleur pote Pol ^^
Jibé
Elixir
Lucas
mercredi, juin 01, 2005
En direct Live, mon 60ème post ! (truc de ouf)
Voici ma plus courte nouvelle. 800 mots et des poils, je ferai jamais moins je crois...
Deux nouvelles (écrites le même jour) voilà ce qu'on appelle une période prolifique (oui Luc, en tant que ton nègre, je m'occupe de ton autobio aussi... et de ton Troll Ben oui... et de vos avatars, Laëty et julien, oui... Et du dossier prévu pour la semaine dernière patron, ok... comment ça je suis viré ?)
Pour ceux qui ne savent pas comment m'insulter à la lecture de ma nouvelle, un cadeau en lien planqué...
En attendant :
En direct Live
Tout avait plutôt bien commencé.
Les journaux l’annonçaient depuis quelques semaines, les radios s’y étaient mises aussi. On ne pouvais pas y échapper.
Un château. Dix post-adolescents. Cent douze caméras. Vous connaissez le concept.
Excepté le fait que, cette fois-ci, les règles étaient autrement plus strictes. Aucune interaction avec le monde extérieur, si ce n’est avec la voix du présentateur vedette, et le nombre restreint de techniciens autorisés à entrer dans la demeure. Interdiction formelle de quitter l’aventure de son plein gré, les téléspectateurs étant seuls juges de qui méritait un temps d’antenne. Le tout était méticuleusement contrôlé par un huissier de justice. Le public en avait assez de ces mascarades scénarisées à l’avance. Ici, on leur offrait de la vraie télé-réalité.
La première fit un assez bon chiffre à l’audimat, malgré la lassitude générale qu’occasionnait ce genre d’émission. En première semaine, une des candidates (la « Bimbo de service », d’après certains magazines) fut désignée pour rejoindre le monde réel.
Puis, le lendemain, cela arriva. Tout s’enchaîna rapidement.
Les premières images du jardin devinrent tristement célèbres. Toutes les télés les diffuseraient en boucle dans les jours à venir. Là, au milieu du jacuzzi, gisait le corps d’un des jeunes candidats. Son cadavre inanimé flottait et tournoyait au gré des bulles.
Ce fut une véritable panique. La caméra n’avait rien vu, cela s’était déroulé pendant la nuit. Vraisemblablement un horrible accident. La police n’étant pas habilitée à enquêter sur les lieux, les joueurs, sous le choc, furent interrogés un à un au confessionnal. Ils dormaient, ne savaient rien. Deux filles en pleurs demandaient à rentrer chez elles. Impossible, répondait le présentateur, consterné. Les règles étaient formelles. On intimait à tous les candidats de garder leur clame. Il ne s’agissait que d’un regrettable accident. Le jeune homme avait du s’assommer sur une des parois de la piscine, et voilà tout.
Les jours qui suivirent devinrent un cauchemar télévisé. La semaine suivante, le corps d’une des adolescentes fut retrouvé poignardé, dans la cuisine. La caméra avait été déconnectée. Plus de doute possible, un meurtrier se cachait parmi eux. Les techniciens autorisés à entrer dans le château furent emmenés au commissariat.
Sur la plateau en duplex, le présentateur, qui semblait avoir pris dix ans de plus, tentait comme il le pouvait de rassurer les parents invités. La « Bimbo » sortie au premier tour était harcelée par les journalistes.
L’audience était excellente.
Les participants enfermés suppliaient tous les jours le public de voter pour eux, afin de quitter cet endroit maudit. Un d’entre eux, qui semblait le moins désigné à commettre de tels actes, fut choisi. A peine eut-il franchi les portes du château, soulagé, qu’une voiture de police l’embarqua à son bord.
Les colocataires restant étaient tous méfiants. Le meurtrier venait-il de les quitter ?
D’un commun accord, ils décidèrent de se débarrasser de tout objet dangereux. Tant pis pour les ustensiles de cuisine, ils trouveraient bien un moyen de se nourrir.
Tous dormaient seuls dans des endroits opposés de la bâtisse. Aussi furent-ils surpris et horrifiés de voir que leur morbide expérience continuait. Deux jours après le dernier vote, un candidat fut retrouvé étranglé au deuxième étage.
Ç’en était trop. Le parents des victimes de ce cluedo géant firent une pétition et poursuivirent la chaîne en justice, intimant l’ordre d’arrêter l’émission. Le présentateur était confus. On lisait sur son visage les cernes de la fatigue et de la peur. Il ne pouvait rien pour eux, la loi était indiscutable.
Les spectateurs continuèrent à voter. Les candidats demandaient tous à être sauvés, et les forces de l’ordre publiaient chaque semaine un bulletin sur lequel était mentionné le nom du principal suspect qu’elles voulaient voir sortir.
Mais les meurtres continuèrent. Tant et si bien que, associés aux départs par votes, il ne resta bientôt plus que deux jeunes participants à l’antenne. Un garçon et une fille. Un des deux était forcément le coupable.
La nuit même, des millions de personnes virent que la majorité des caméras furent brouillés. Au petit matin, les finalistes baignaient dans une mare de sang. Ils s’étaient entretués.
Ainsi prenait fin ce jeu macabre.
L’audimat avait battu tous les records.
« Vous avez tous bien compris ? demanda le présentateur. »
La scène se passait dans les coulisses d’un des studios de la chaîne. Cette fois-ci il n’y avait aucune caméra.
« Les déclarés morts, vous prenez l’avion pour l’Amérique centrale. A l’aéroport, on vous donnera vos nouvelles cartes d’identité. Personne ne doit vous voir. Ne contactez ni votre famille, ni vos amis.
Les « vivants », vous resterez au pays un an ou deux. Ecrivez des bouquins, faites-en des téléfilms... La production s’en fiche, tant qu’elle y est associée.
Vous avez tous bien bossé. Tenez.»
Les dix candidats prirent leur chèques et partirent dans des directions opposées
Deux nouvelles (écrites le même jour) voilà ce qu'on appelle une période prolifique (oui Luc, en tant que ton nègre, je m'occupe de ton autobio aussi... et de ton Troll Ben oui... et de vos avatars, Laëty et julien, oui... Et du dossier prévu pour la semaine dernière patron, ok... comment ça je suis viré ?)
Pour ceux qui ne savent pas comment m'insulter à la lecture de ma nouvelle, un cadeau en lien planqué...
En attendant :
En direct Live
Tout avait plutôt bien commencé.
Les journaux l’annonçaient depuis quelques semaines, les radios s’y étaient mises aussi. On ne pouvais pas y échapper.
Un château. Dix post-adolescents. Cent douze caméras. Vous connaissez le concept.
Excepté le fait que, cette fois-ci, les règles étaient autrement plus strictes. Aucune interaction avec le monde extérieur, si ce n’est avec la voix du présentateur vedette, et le nombre restreint de techniciens autorisés à entrer dans la demeure. Interdiction formelle de quitter l’aventure de son plein gré, les téléspectateurs étant seuls juges de qui méritait un temps d’antenne. Le tout était méticuleusement contrôlé par un huissier de justice. Le public en avait assez de ces mascarades scénarisées à l’avance. Ici, on leur offrait de la vraie télé-réalité.
La première fit un assez bon chiffre à l’audimat, malgré la lassitude générale qu’occasionnait ce genre d’émission. En première semaine, une des candidates (la « Bimbo de service », d’après certains magazines) fut désignée pour rejoindre le monde réel.
Puis, le lendemain, cela arriva. Tout s’enchaîna rapidement.
Les premières images du jardin devinrent tristement célèbres. Toutes les télés les diffuseraient en boucle dans les jours à venir. Là, au milieu du jacuzzi, gisait le corps d’un des jeunes candidats. Son cadavre inanimé flottait et tournoyait au gré des bulles.
Ce fut une véritable panique. La caméra n’avait rien vu, cela s’était déroulé pendant la nuit. Vraisemblablement un horrible accident. La police n’étant pas habilitée à enquêter sur les lieux, les joueurs, sous le choc, furent interrogés un à un au confessionnal. Ils dormaient, ne savaient rien. Deux filles en pleurs demandaient à rentrer chez elles. Impossible, répondait le présentateur, consterné. Les règles étaient formelles. On intimait à tous les candidats de garder leur clame. Il ne s’agissait que d’un regrettable accident. Le jeune homme avait du s’assommer sur une des parois de la piscine, et voilà tout.
Les jours qui suivirent devinrent un cauchemar télévisé. La semaine suivante, le corps d’une des adolescentes fut retrouvé poignardé, dans la cuisine. La caméra avait été déconnectée. Plus de doute possible, un meurtrier se cachait parmi eux. Les techniciens autorisés à entrer dans le château furent emmenés au commissariat.
Sur la plateau en duplex, le présentateur, qui semblait avoir pris dix ans de plus, tentait comme il le pouvait de rassurer les parents invités. La « Bimbo » sortie au premier tour était harcelée par les journalistes.
L’audience était excellente.
Les participants enfermés suppliaient tous les jours le public de voter pour eux, afin de quitter cet endroit maudit. Un d’entre eux, qui semblait le moins désigné à commettre de tels actes, fut choisi. A peine eut-il franchi les portes du château, soulagé, qu’une voiture de police l’embarqua à son bord.
Les colocataires restant étaient tous méfiants. Le meurtrier venait-il de les quitter ?
D’un commun accord, ils décidèrent de se débarrasser de tout objet dangereux. Tant pis pour les ustensiles de cuisine, ils trouveraient bien un moyen de se nourrir.
Tous dormaient seuls dans des endroits opposés de la bâtisse. Aussi furent-ils surpris et horrifiés de voir que leur morbide expérience continuait. Deux jours après le dernier vote, un candidat fut retrouvé étranglé au deuxième étage.
Ç’en était trop. Le parents des victimes de ce cluedo géant firent une pétition et poursuivirent la chaîne en justice, intimant l’ordre d’arrêter l’émission. Le présentateur était confus. On lisait sur son visage les cernes de la fatigue et de la peur. Il ne pouvait rien pour eux, la loi était indiscutable.
Les spectateurs continuèrent à voter. Les candidats demandaient tous à être sauvés, et les forces de l’ordre publiaient chaque semaine un bulletin sur lequel était mentionné le nom du principal suspect qu’elles voulaient voir sortir.
Mais les meurtres continuèrent. Tant et si bien que, associés aux départs par votes, il ne resta bientôt plus que deux jeunes participants à l’antenne. Un garçon et une fille. Un des deux était forcément le coupable.
La nuit même, des millions de personnes virent que la majorité des caméras furent brouillés. Au petit matin, les finalistes baignaient dans une mare de sang. Ils s’étaient entretués.
Ainsi prenait fin ce jeu macabre.
L’audimat avait battu tous les records.
« Vous avez tous bien compris ? demanda le présentateur. »
La scène se passait dans les coulisses d’un des studios de la chaîne. Cette fois-ci il n’y avait aucune caméra.
« Les déclarés morts, vous prenez l’avion pour l’Amérique centrale. A l’aéroport, on vous donnera vos nouvelles cartes d’identité. Personne ne doit vous voir. Ne contactez ni votre famille, ni vos amis.
Les « vivants », vous resterez au pays un an ou deux. Ecrivez des bouquins, faites-en des téléfilms... La production s’en fiche, tant qu’elle y est associée.
Vous avez tous bien bossé. Tenez.»
Les dix candidats prirent leur chèques et partirent dans des directions opposées
mardi, mai 31, 2005
LE FILM, épisode 4 : le dernier !!!
Bon, ben voilà, c'est le dernier épisode de LE FILM.
C'était prévu en 10 épisodes, mais les aléluias du direct (re-wink Vinnie) font que la suite n'a pas été enregistrée, et je pense qu'elle ne le sera jamais...
Sinon pour les bonus du DVD de LE FILM, voilà un secret de tournage :
Tout ayant été enregistré en direct, les poum poum que vous entendrez quand les héros entrent dans la boîte de nuit ont été aussi faits sur le moment. Pendant qu'un des deux "acteurs" sortait sa réplique, l'autre faisait le bruitage en fond sonore, et vice-versa. Au final ça marche pas trop mal...
C'était prévu en 10 épisodes, mais les aléluias du direct (re-wink Vinnie) font que la suite n'a pas été enregistrée, et je pense qu'elle ne le sera jamais...
Sinon pour les bonus du DVD de LE FILM, voilà un secret de tournage :
Tout ayant été enregistré en direct, les poum poum que vous entendrez quand les héros entrent dans la boîte de nuit ont été aussi faits sur le moment. Pendant qu'un des deux "acteurs" sortait sa réplique, l'autre faisait le bruitage en fond sonore, et vice-versa. Au final ça marche pas trop mal...
samedi, mai 28, 2005
Rien de bien neuf sur Terre
J'avais cette idée en tête depuis un petit moment déjà. Mais elle avait pris une forme sensiblement différente. Je me suis décidé à en faire une nouvelle, et elle s'est écrite toute seule...
Si ça vous dit de la lire, dites-moi ce que vous en avez pensé. Comme le titre du post, ça s'appelle :
Rien de bien neuf sur Terre
Il se réveilla mais n’ouvrit pas les yeux.
La souvenir du rêve qu’il venait de faire s’estompait peu à peu. Il le laissa quitter doucement son esprit, vaguement persuadé que le garder en mémoire ne serait d’aucune utilité.
Il n’entendait rien, si ce n’était un clapotis sourd, comme lointain, à intervalle irrégulier. Il était trop las pour ouvrir les paupières, alors il compta sur ses autres sens pour lui communiquer les informations majeures. Et tout premier lieu ; où était-il ?
Il ne sentait pas ses jambes. Il avait le sentiment d’être allongé, mais il n’y avait pas vraiment de contact avec une quelconque matière contre son dos. Où alors le contact se faisait-il avec tout le corps ? Et puis dans quel sens était-il tourné au juste ?
Il tenta de bouger ses bras, mais ces derniers s’exécutèrent au ralenti, comme plongés dans la mélasse. Il n’essaya même pas de remuer ses doigts. Un tel exploit paraissait irréalisable sur le moment. A cet instant, sans véritablement le réaliser, il sombra à nouveau dans l’inconscience.
Quand il reprit ses esprits, cette fois ses yeux s’ouvrirent en grand, mais sans réelle différence. Il était plongé dans le noir. Il crut être devenu aveugle. Et puis ce contact froid, irritant contre son iris… Il les referma.
Puisqu’il ne pouvait faire confiance à son corps pour l’informer, il lui fallait donc compter sur son esprit. Plissant le plus fort qu’il lui était possible les paupières dont il venait de retrouver le contrôle, il en appela à sa mémoire.
Alors il se souvint. Les évènements ressurgirent dans le désordre, à l’envers.
Il se souvient de sa mort, de l’accident. Il roulait sur une route de campagne, sans vraiment savoir où il allait. Le soleil couchant était dans son dos, baignant tout le paysage dans une lumière aux teintes orangées. A la radio passait un vieux tube du groupe America.
Devant lui, l’ombre de la voiture parcourait la route à toute vitesse. Avec les rétroviseurs en guise d’oreilles, elle ressemblait à une énorme tête extraterrestre projetée sur le sol.
“On the first part of the journey
I was looking at all the life
There were plants and birds and rocks and things...”
Puis, au loin, il vit le camion. Il faisait des zigzags inquiétants sur la chaussée. Quand il le vit, le chauffeur klaxonna et lui fit de grands gestes. Il comprit qu’il y avait un problème. Peut-être les freins de l’engin avaient-ils lâché. La route était trop étroite pour se rabattre, mais, sans que sa mémoire ne lui en donnât encore l’explication, il s’en fichait. Il monta le son du poste et accéléra vers son trépas.
“In the desert you can remember your name
Cause there ain't no one for to give you no pain
La, la, lalalala la ...”
Enfin, ses jambes décidèrent de lui obéir. Ses mains et ses bras firent de même. Il eut l’impression de sortir d’une longue et profonde léthargie. Il crût qu’il avait du mal à respirer, puis comprit qu’il ne respirait pas. Une machine le faisait pour lui. Il saisit des deux mains le long tuyau qui s’enfonçait dans sa bouche…
A nouveau, des images remontèrent. Il se concentra sur elles, sur les mois précédant sa fin.
Il se souvint de voyages, de nombreux voyages. En Amérique latine, en Inde, en France, en Australie… Et de beaucoup d’autres destinations. Comme s’il était à la poursuite de quelque chose. Comme s’il manquait de temps.
Il arracha l’appendice de plastique de sa gorge. Un liquide poisseux eût tôt fait de le remplacer. Il se redressa et le vomit. Il prit une grande respiration, notant à l’occasion qu’il était capable de le faire, puis ouvrit une fois de plus les yeux. Cette fois tout était blanc. Il s’habitua rapidement à la lumière environnante et chercha les réponses à ses questions.
Il était dans une pièce grise, métallique. Il n’y avait personne. Des motifs géométriques en relief ornaient les parois. Ils étaient étrangement familiers.
Il baissa la tête pour réaliser qu’il était dans un bac transparent, rempli d’un liquide aussi noir et épais que la nuit. Des câbles reliaient l’objet à diverses consoles aussi lumineuses que silencieuses.
Il était nu. Il sortit du bac et entreprit de se sécher avec une serviette trouvée à terre, juste à côté. Le contact sur sa peau était peu commun. Il ne connaissait pas cette matière. Un peu plus loin, ses pieds rencontrèrent un autre tissu, tout aussi étranger. Il s’y enveloppa. Ainsi paré de son vêtement de fortune, il sortit de la pièce par une porte laissée ouverte. Il déambula au milieu d’un long couloir, qui se terminait sur une lueur intense. Ses mains se posèrent sur les murs, qui arboraient les même dessins que la chambre de réveil.
A ce contact, tout lui revint. Tout.
Alors ils avaient réussi. Les fous. Ils l’avaient fait, Dieu sait comment.
Il sourit quand le mot « Dieu » lui vint à l’esprit.
C’était ce jour-là que tout avait commencé. Dans le cabinet d’un médecin.
Celui-ci, mal à l’aise, posté devant des écrans lumineux, lui expliquait le plus diplomatiquement possible ce qu’il lisait sur les radios.
Une tumeur. Incurable. Cinq à six mois à vivre. Pas plus. Il était désolé.
Et là, quelque part dans son cerveau gâté, le condamné eut une idée. Presque un jeu. Un jeu loufoque. Absurde. Terrifiant.
Il n’y croyait pas une seconde, mais décida de consacrer le reste de sa vie à mettre sa farce en œuvre.
Alors il écrivit. Encore et encore, laissant libre cours à son imagination. Il noircit des pages entières de contes, de légendes improbables. Des récits épiques, des combats contre des créatures terrifiantes et malfaisantes. Puis la venue d’un être, d’un Nouveau Messie, apportant la paix et le bonheur à un monde agonisant.
Il en fit plusieurs livres. Ils ne contenaient pas les mêmes récits mais étaient tous cohérents les uns avec les autres. Seules les fins de chacun des ouvrages se rejoignaient. Et aussi les couvertures. Elles étaient toutes gravées des mêmes motifs, qu’il avait soigneusement créés.
Il partit en voyage. En croisade, pourrait-on dire. Aux quatre coins du monde, il enfouit, cacha, cella ses livres…
Il redoubla de vitesse, impatient. Ils l’avaient fait.
Les derniers chapitres de ses bibles étaient toutes identiques. Elles indiquaient les emplacements des autres bibles, et celui du corps. Le corps du Nouveau Messie. Son corps. En prenant bien évidemment le soin de faire coïncider le lieu avec celui mentionné dans son testament. Il laissait aux bons soins des générations futures le moyen d’orchestrer sa résurrection.
Enfin il arriva à la lumière. La clarté du monde extérieur était intense. Il se trouvait au somment d’une monumentale pyramide de métal. Au pied du complexe et gigantesque édifice, une foule de milliers, de millions de personnes attendait.
Quand ils le virent, les corps des fidèles se prosternant formèrent une colossale vague humaine.
Alors ils l’avaient fait. Les fous.
Si ça vous dit de la lire, dites-moi ce que vous en avez pensé. Comme le titre du post, ça s'appelle :
Rien de bien neuf sur Terre
Il se réveilla mais n’ouvrit pas les yeux.
La souvenir du rêve qu’il venait de faire s’estompait peu à peu. Il le laissa quitter doucement son esprit, vaguement persuadé que le garder en mémoire ne serait d’aucune utilité.
Il n’entendait rien, si ce n’était un clapotis sourd, comme lointain, à intervalle irrégulier. Il était trop las pour ouvrir les paupières, alors il compta sur ses autres sens pour lui communiquer les informations majeures. Et tout premier lieu ; où était-il ?
Il ne sentait pas ses jambes. Il avait le sentiment d’être allongé, mais il n’y avait pas vraiment de contact avec une quelconque matière contre son dos. Où alors le contact se faisait-il avec tout le corps ? Et puis dans quel sens était-il tourné au juste ?
Il tenta de bouger ses bras, mais ces derniers s’exécutèrent au ralenti, comme plongés dans la mélasse. Il n’essaya même pas de remuer ses doigts. Un tel exploit paraissait irréalisable sur le moment. A cet instant, sans véritablement le réaliser, il sombra à nouveau dans l’inconscience.
Quand il reprit ses esprits, cette fois ses yeux s’ouvrirent en grand, mais sans réelle différence. Il était plongé dans le noir. Il crut être devenu aveugle. Et puis ce contact froid, irritant contre son iris… Il les referma.
Puisqu’il ne pouvait faire confiance à son corps pour l’informer, il lui fallait donc compter sur son esprit. Plissant le plus fort qu’il lui était possible les paupières dont il venait de retrouver le contrôle, il en appela à sa mémoire.
Alors il se souvint. Les évènements ressurgirent dans le désordre, à l’envers.
Il se souvient de sa mort, de l’accident. Il roulait sur une route de campagne, sans vraiment savoir où il allait. Le soleil couchant était dans son dos, baignant tout le paysage dans une lumière aux teintes orangées. A la radio passait un vieux tube du groupe America.
Devant lui, l’ombre de la voiture parcourait la route à toute vitesse. Avec les rétroviseurs en guise d’oreilles, elle ressemblait à une énorme tête extraterrestre projetée sur le sol.
“On the first part of the journey
I was looking at all the life
There were plants and birds and rocks and things...”
Puis, au loin, il vit le camion. Il faisait des zigzags inquiétants sur la chaussée. Quand il le vit, le chauffeur klaxonna et lui fit de grands gestes. Il comprit qu’il y avait un problème. Peut-être les freins de l’engin avaient-ils lâché. La route était trop étroite pour se rabattre, mais, sans que sa mémoire ne lui en donnât encore l’explication, il s’en fichait. Il monta le son du poste et accéléra vers son trépas.
“In the desert you can remember your name
Cause there ain't no one for to give you no pain
La, la, lalalala la ...”
Enfin, ses jambes décidèrent de lui obéir. Ses mains et ses bras firent de même. Il eut l’impression de sortir d’une longue et profonde léthargie. Il crût qu’il avait du mal à respirer, puis comprit qu’il ne respirait pas. Une machine le faisait pour lui. Il saisit des deux mains le long tuyau qui s’enfonçait dans sa bouche…
A nouveau, des images remontèrent. Il se concentra sur elles, sur les mois précédant sa fin.
Il se souvint de voyages, de nombreux voyages. En Amérique latine, en Inde, en France, en Australie… Et de beaucoup d’autres destinations. Comme s’il était à la poursuite de quelque chose. Comme s’il manquait de temps.
Il arracha l’appendice de plastique de sa gorge. Un liquide poisseux eût tôt fait de le remplacer. Il se redressa et le vomit. Il prit une grande respiration, notant à l’occasion qu’il était capable de le faire, puis ouvrit une fois de plus les yeux. Cette fois tout était blanc. Il s’habitua rapidement à la lumière environnante et chercha les réponses à ses questions.
Il était dans une pièce grise, métallique. Il n’y avait personne. Des motifs géométriques en relief ornaient les parois. Ils étaient étrangement familiers.
Il baissa la tête pour réaliser qu’il était dans un bac transparent, rempli d’un liquide aussi noir et épais que la nuit. Des câbles reliaient l’objet à diverses consoles aussi lumineuses que silencieuses.
Il était nu. Il sortit du bac et entreprit de se sécher avec une serviette trouvée à terre, juste à côté. Le contact sur sa peau était peu commun. Il ne connaissait pas cette matière. Un peu plus loin, ses pieds rencontrèrent un autre tissu, tout aussi étranger. Il s’y enveloppa. Ainsi paré de son vêtement de fortune, il sortit de la pièce par une porte laissée ouverte. Il déambula au milieu d’un long couloir, qui se terminait sur une lueur intense. Ses mains se posèrent sur les murs, qui arboraient les même dessins que la chambre de réveil.
A ce contact, tout lui revint. Tout.
Alors ils avaient réussi. Les fous. Ils l’avaient fait, Dieu sait comment.
Il sourit quand le mot « Dieu » lui vint à l’esprit.
C’était ce jour-là que tout avait commencé. Dans le cabinet d’un médecin.
Celui-ci, mal à l’aise, posté devant des écrans lumineux, lui expliquait le plus diplomatiquement possible ce qu’il lisait sur les radios.
Une tumeur. Incurable. Cinq à six mois à vivre. Pas plus. Il était désolé.
Et là, quelque part dans son cerveau gâté, le condamné eut une idée. Presque un jeu. Un jeu loufoque. Absurde. Terrifiant.
Il n’y croyait pas une seconde, mais décida de consacrer le reste de sa vie à mettre sa farce en œuvre.
Alors il écrivit. Encore et encore, laissant libre cours à son imagination. Il noircit des pages entières de contes, de légendes improbables. Des récits épiques, des combats contre des créatures terrifiantes et malfaisantes. Puis la venue d’un être, d’un Nouveau Messie, apportant la paix et le bonheur à un monde agonisant.
Il en fit plusieurs livres. Ils ne contenaient pas les mêmes récits mais étaient tous cohérents les uns avec les autres. Seules les fins de chacun des ouvrages se rejoignaient. Et aussi les couvertures. Elles étaient toutes gravées des mêmes motifs, qu’il avait soigneusement créés.
Il partit en voyage. En croisade, pourrait-on dire. Aux quatre coins du monde, il enfouit, cacha, cella ses livres…
Il redoubla de vitesse, impatient. Ils l’avaient fait.
Les derniers chapitres de ses bibles étaient toutes identiques. Elles indiquaient les emplacements des autres bibles, et celui du corps. Le corps du Nouveau Messie. Son corps. En prenant bien évidemment le soin de faire coïncider le lieu avec celui mentionné dans son testament. Il laissait aux bons soins des générations futures le moyen d’orchestrer sa résurrection.
Enfin il arriva à la lumière. La clarté du monde extérieur était intense. Il se trouvait au somment d’une monumentale pyramide de métal. Au pied du complexe et gigantesque édifice, une foule de milliers, de millions de personnes attendait.
Quand ils le virent, les corps des fidèles se prosternant formèrent une colossale vague humaine.
Alors ils l’avaient fait. Les fous.
mercredi, mai 11, 2005
lundi, mai 02, 2005
Le Film 2, la suite du début
Bon, puisque vous êtes un nouveau auditeur a avoir apprécié, je passe la suite.
Quelques précisons: ces sketchs étaient faits en direct à la radio (et répétés uen heure avant dans la voiture en allant à la radio).
Les intervenants sont Pol, mon meilleur pote (qui fait la voix du héros) et ced moi-même (qui fais toutes les autres voix).
Quelques précisons: ces sketchs étaient faits en direct à la radio (et répétés uen heure avant dans la voiture en allant à la radio).
Les intervenants sont Pol, mon meilleur pote (qui fait la voix du héros) et ced moi-même (qui fais toutes les autres voix).
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